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Emilie Vasseur, Associée, Mayer Brown : « J’ai été séduite par l’esprit moderne et dynamique qui anime ce cabinet »

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Le Monde du Droit a interrogé Emilie Vasseur qui vient de rejoindre le cabinet Mayer Brown en tant qu'associée.

Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Mayer Brown ?

Renforcer et structurer le département contentieux au sein d’un cabinet d’affaires qui dispose déjà d’une réputation d’excellence dans le domaine du conseil, en arbitrage et dans les domaines voisins que sont le droit de la concurrence et la compliance, est une opportunité exceptionnelle. En outre le terreau est favorable : à l’international, Mayer Brown est d’abord un cabinet de contentieux, avec plus de la moitié de ses effectifs dédiée à cette pratique. A Paris, je sais pouvoir compter sur la présence de David Bakouche, Professeur de droit, et de Nathalie Morel, excellente praticienne. J’ai aussi été séduite par l’esprit moderne et dynamique qui anime ce cabinet, sous l’influence de son fondateur, Jean-Philippe Lambert. L’attention portée aux collaborateurs, la place faite aux femmes et la transmission sont au cœur de ses préoccupations.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Après un parcours académique à l’Université puis à Sciences Po (eco-fi) j’ai rejoint, en janvier 2001, le cabinet Darrois Villey Maillot Brochier où j’ai passé 18 ans. J’ai d’abord exercé mon métier de manière transversale, intervenant tant en conseil qu’en contentieux, convaincue que chacune de ces pratiques se nourrissait de l’autre, avant de me consacrer exclusivement au contentieux en 2007.

En janvier 2015, j’ai été élue membre du conseil de l’ordre pour trois ans. Je me suis alors investie dans les questions disciplinaires et déontologiques et dans la conciliation des confrères en litige. J’ai aussi mené diverses actions en faveur d’un rapprochement des professions d’avocat et de magistrats puis contribué à la mise en place et à la promotion des chambres commerciales internationales.

Qui a le plus influencé votre carrière ?

Ceux qui m’ont appris le métier d’avocat et qui, par leur exemple, portent haut le degré d’exigence avec lequel il doit être accompli ; je pense à Emmanuel Brochier et à Jean-Michel Darrois ; certains clients également, que j’ai eu l’honneur d’accompagner sur le long terme, à l’occasion de batailles féroces, et dont je retiens l’esprit d’anticipation et la pugnacité ; quelques figures féminines aussi, comme Marie-Noelle Dompé, qui au-delà de ses talents en droit boursier a su tracer un chemin dans un cabinet et un univers très masculin ; enfin les bâtonniers sous le mandat desquels j’ai exercé mon propre mandat de membre du conseil de l’ordre, pour la confiance qu’ils m’ont témoignée et les missions qu’ils m’ont confiées.

Quel est votre meilleur souvenir dans votre carrière ?

J’ai beaucoup de très beaux souvenirs. Je me souviens notamment d’une bataille partie d’un article de presse qui lançait la rumeur a priori invraisemblable selon laquelle le partenaire de l’un de nos clients dans une joint-venture à l’étranger envisageait de céder ses actifs au principal concurrent de celui-ci. Dès le week-end suivant la publication de cet article nous avons réuni au cabinet tous les conseils impliqués dans la gestion de ce conflit - avocats, banquiers et communicants de trois pays différents - et mis en place une stratégie de riposte finalement payante puisqu’après deux années de procédures en France et à l’étranger, notre client a triomphé. Ce dossier a marqué ma mémoire par la rapidité et l’ampleur de la réaction que nous avons apportée à ce qui n’était au départ qu’une rumeur, par sa dimension internationale, et par l’importante coordination qui a été mise en place entre les différents conseils, avec succès.

Quels sont vos domaines de compétences ?

J’assiste mes clients devant les juridictions judiciaires et les autorités administratives indépendantes (AMF notamment) ou à l’occasion d’arbitrages internes dans tous les litiges de la vie des affaires : conflits entre actionnaires, litiges post-acquisition, contentieux portant sur l’exécution de protocoles stratégiques, procédures mettant en cause la responsabilité de dirigeants, procédure de sanction devant l’AMF, notamment.

Quelles sont, selon vous, les actualités marquantes des derniers mois dans ces secteurs d'activité ?

La montée de l’activisme en Europe, et notamment en France, tendance qui s’est encore illustrée cet été avec la montée d’Eliott au capital d’Altran ou celle de Third Point au capital d’EssilorLuxottica ; ces situations impactent tant l’activité contentieuse que l’activité de conseil des cabinets d’affaires puisqu’elles nous conduisent, en amont des situations de conflit, à repenser avec nos clients leurs règles de gouvernance.

Autre évolution significative, la création des chambres commerciales internationales au sein du tribunal de commerce et de la Cour d’appel de Paris. Ces chambres sont un puissant facteur d’attractivité de la place de Paris ; elles innovent un nouveau type de procédure, plus proches des standards internationaux en matière de règlement des litiges commerciaux. 

D’un point de vue législatif, la loi Justice, la loi Pacte ainsi que la loi de simplification, de clarification et d’actualisation du droit des sociétés. La loi de transposition de la directive sur le secret des affaires contient également des avancées intéressantes en matière de procédure, notamment en ce qui concerne les modalités de levée de séquestres ordonnés sur le fondement de l’article 145 du Code de procédure civile.

Enfin, le Rapport Gauvain sur la protection contre les lois et mesures à portée extraterritoriale retient toute mon attention, notamment en ce qui concerne la confidentialité des avis des juristes d’entreprise ; j’espère qu’il permettra enfin à la France de se doter de règles permettant aux juristes d’entreprise de travailler efficacement et en toute sécurité.

Qui conseillez-vous ?

Je représente des banques, des sociétés cotés et non cotées, issues de secteurs d’activités très variés (grande distribution, médias, luxe, télécoms, hôtellerie, etc…), ainsi que des groupes familiaux, des dirigeants et quelques fonds.

Quels sont vos objectifs pour ce cabinet ?

Contribuer à renforcer la pluridisciplinarité du cabinet et les liens qui existent entre Mayer Brown Paris et les bureaux de Mayer Brown à l’étranger, dans l’intérêt de notre clientèle locale comme internationale.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)